Évaluation des exportations ontariennes en 2016

Thèmes : Économie
Date de publication : 1 septembre 2016
Ce rapport évalue des exportations ontariennes en 2016.
Informations sur le rapport

À propos du présent document

Préparé par : Nicolas Rhodes (Économiste) et David West (Économiste en chef)

© Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2016

Citation
Évaluation des exportations ontariennes en 2016, Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario, 2016.
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https://fao-on.org/fr/rapport/export_performance/

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En août, Statistique Canada a publié ses données sur le commerce international de marchandises pour juin 2016, qui clarifient le portrait de mi-parcours des exportations ontariennes pour l’année[1]. La santé du commerce international en Ontario est particulièrement importante, puisque la plupart des conjoncturistes prévoient que les exportations seront l’un des principaux moteurs de la croissance économique de la province en 2016 grâce à la faiblesse du huard et à la croissance solide des États-Unis[2].

En dollars courants (ou non indexés), les exportations de l’Ontario ont enregistré une excellente croissance jusqu’à maintenant en 2016, s’élevant à 103,3 milliards de dollars pour les six premiers mois de l’année. Par rapport à la même période l’an dernier, il s’agit là d’une hausse de 10 %, surtout attribuable aux secteurs de l’automobile et des biens de consommation. Ce résultat peut donner l’impression que les exportations constituent un facteur clé de la croissance économique de la province en 2016.

Cela dit, comme nous l’avons observé dans un commentaire précédent[3], certains des gains récemment réalisés au chapitre des exportations nominales découlent de la faiblesse du dollar canadien durant les six premiers mois de 2016 comparativement à l’an dernier, le huard s’étant déprécié de 5,3 % par rapport au dollar américain. Comme le prix des exportations canadiennes à destination des États-Unis est souvent indiqué en devise américaine, une perte de valeur du huard signifie que les exportateurs ontariens touchent en fait plus d’argent pour un même volume de marchandise. Le BRF a établi des estimations quant aux exportations internationales réelles de marchandises ontariennes; ces estimations tiennent compte de la variation des prix des exportations, y compris les fluctuations des taux de change, et donnent une meilleure idée des activités économiques liées aux exportations[4].

Exportations internationales réelles de marchandises de l’Ontario après la chute du T2 de 2016

Sources : Statistique Canada et Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario.

Description accessible

Ce graphique compare les exportations nominales et les exportations réelles. Du deuxième trimestre de 2015 à celui de 2016, les exportations nominales sont passées de 47,4 milliards à 49,6 milliards. Au cours de la même période, les exportations réelles sont quant à elles passées de 41,1 à 42,6 milliards. Le graphique illustre également les taux de la croissance trimestrielle des exportations réelles. Au premier trimestre de 2016, les exportations réelles ont augmenté de 2,8 %, tandis qu’au deuxième, elles ont diminué de 5,4 %.

Bien que les exportations réelles de marchandises de l’Ontario demeurent de 3,6 % plus volumineuses qu’il y a un an, l’augmentation est surtout attribuable à la forte croissance enregistrée au deuxième semestre de 2015. D’un trimestre à l’autre, les exportations réelles ont diminué de 5,4 % au deuxième trimestre, la plus grande baisse trimestrielle depuis la récession de 2008-2009. En fait, elles ont baissé au cours de quatre des six premiers mois de 2016.

La faiblesse relative des exportations de l’Ontario durant la première moitié de 2016 laisse supposer qu’elles ne se portent pas aussi bien qu’escompté, compte tenu de la conjoncture favorable occasionnée par la dépréciation du dollar canadien et la croissance de l’économie américaine.

Exportations du secteur de l’automobile : en hausse en 2016, mais relativement stables depuis 2012

Responsable de 37 % des exportations de marchandises de l’année dernière[5], le secteur de l’automobile demeure le plus fort secteur d’exportation de l’Ontario. D’une année à l’autre, les exportations réelles de ce secteur ont augmenté de 6,1 % au deuxième trimestre de 2016, mais encore une fois, cette hausse est principalement attribuable à la forte croissance enregistrée au deuxième semestre de 2015. Du point de vue trimestriel, l’excellent gain de 4,8 % réalisé au premier trimestre de 2016 a été plus que renversé au deuxième trimestre, qui affiche une baisse de 5,3 %.

Au-delà des dernières variations trimestrielles, on constate que la tendance à long terme du secteur de l’automobile est à l’atonie, les exportations réelles du secteur n’ayant augmenté que de 2 % au cours des quatre dernières années. Fait notable, leur valeur demeure de 11 % inférieure à celle enregistrée au deuxième trimestre de 2007, avant la récession mondiale. La mesure dans laquelle les exportations du secteur de l’automobile de l’Ontario poursuivront leur redressement dépendra largement des nouveaux investissements, puisque le secteur fonctionne presque aux limites de sa capacité[6]. Or d’après Statistique Canada, les investissements dans l’automobile diminueront en 2016[7].

Exportations réelles du secteur de l’automobile : toujours bien en deçà des niveaux d’avant la récession

Sources : Statistique Canada et Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario.

Description accessible

Ce graphique compare les exportations nominales et les exportations réelles du secteur de l’automobile. Les exportations nominales sont passées de 17,6 milliards au deuxième trimestre de 2015 à 19,5 milliards à celui de 2016. Dans la même période, les exportations réelles du secteur sont passées de 14,5 milliards à 15,4 milliards. Le graphique montre que, depuis le premier trimestre de 2015, les exportations réelles ont peu augmenté, passant de 15,1 milliards à 15,4 milliards au deuxième trimestre de 2016, et qu’elles n’ont pas encore retrouvé le niveau d’avant la récession, qui était de 17,3 milliards au deuxième trimestre de 2007. Le graphique illustre aussi la croissance trimestrielle des exportations réelles du secteur de l’automobile. Ces exportations ont augmenté de 4,8 % au premier trimestre de 2016, puis chuté de 5,3 % au trimestre suivant.

Exportations internationales de marchandises de l’Ontario (désaisonnalisées, base douanière) (en millions de dollars de 2007) Source : Estimations du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario fondées sur les données de Statistique Canada.
Total Produits agricoles et de la pêche Énergie Minerais et minéraux non métalliques Produits en métal et produits minéraux non métalliques Produits chimiques, en plastique et en caoutchouc
Valeur Variation (%) Valeur Variation (%) Valeur Variation (%) Valeur Variation (%) Valeur Variation (%) Valeur Variation (%)
2015 : T1 40 224 -3,0 881 -5,1 627 49,0 258 -5,5 8 395 -4,9 3 002 1,5
T2 41 075 2,1 915 3,8 619 -1,3 228 -11,7 8 207 -2,2 2 983 -0,6
T3 42 931 4,5 1 031 12,7 494 -20,3 273 19,7 7 927 -3,4 3 032 1,6
T4 43 796 2,0 1 035 0,5 609 23,5 316 15,8 8 441 6,5 3 212 5,9
2016 : T1 45 013 2,8 883 -14,7 623 2,2 314 -0,5 8 471 0,4 3 251 1,2
T2 42 568 -5,4 967 9,6 425 -31,8 279 -11,2 8 366 -1,2 2 962 -8,9
2012 157 576 6,1 2 833 16,0 1 739 25,1 705 -3,8 31 194 0,9 11 216 -7,1
2013 157 821 0,2 3 393 19,8 1 560 -10,3 833 18,2 32 946 5,6 11 991 6,9
2014 162 421 2,9 3 533 4,1 1 721 10,4 973 16,7 33 902 2,9 11 268 -6,0
2015 168 026 3,5 3 862 9,3 2 349 36,5 1 074 10,4 32 971 -2,7 12 229 8,5
Produits forestiers et matériaux de construction Machines et matériel industriels Matériel électronique et électrique Automobile Aéronefs et autre matériel de transport Biens de consommation
Valeur Variation (%) Valeur Variation (%) Valeur Variation (%) Valeur Variation (%) Valeur Variation (%) Valeur Variation (%)
2015 : T1 1 537 1,3 2 910 6,2 2 109 -0,3 13 631 -9,0 896 9,1 5 413 -1,2
T2 1 595 3,8 2 924 0,5 2 150 1,9 14 510 6,4 782 -12,8 5 606 3,6
T3 1 669 4,6 3 079 5,3 2 226 3,5 15 065 3,8 934 19,5 6 646 18,5
T4 1,765 5,7 3 079 0,0 2 182 -2,0 15 508 2,9 840 -10,1 6 049 -9,0
2016 : T1 1 774 0,5 2 943 -4,4 2 224 1,9 16 254 4,8 866 3,0 6 696 10,7
T2 1 725 -2,7 3 052 3,7 2 169 -2,5 15 389 -5,3 894 3,3 5 752 -14,1
2012 5 692 -4,7 10 157 4,0 8 578 -4,7 60 652 15,4 4 381 23,2 19 072 1,9
2013 5 509 -3,2 10 141 -0,2 8 104 -5,5 58 293 -3,9 3 445 -21,4 20 105 5,4
2014 5 899 7,1 10 480 3,3 8 056 -0,6 59 037 1,3 3 678 6,8 21 982 9,3
2015 6 566 11,3 11 993 14,4 8 666 7,6 58 714 -0,5 3 453 -6,1 23 713 7,9

Notes de bas de page

[1] Les exportations internationales de marchandises ont représenté environ 54 % du total des exportations ontariennes en 2015, dont le reste était constitué d’exportations internationales de services à 12 % et d’exportations interprovinciales à 34 %.

[2] Les États-Unis ont été la destination d’environ 80 % des exportations ontariennes de marchandises en 2015.

[3] Voir le commentaire du BRF de février 2016, Exportations de l’Ontario en 2015 : des résultats décevants.

[4] Le BRF a établi ses estimations des exportations réelles en désaisonnalisant les données sur le commerce de Statistique Canada établies sur la base douanière, puis en appliquant les indices de prix canadiens à chaque catégorie commerciale pour éliminer l’incidence de l’inflation (y compris l’incidence des fluctuations des taux de change).

[5] Selon les données sur les exportations nominales.

[6] Selon les estimations de Statistique Canada quant à l’utilisation de la capacité, le secteur canadien du matériel de transport (qui comprend la fabrication de véhicules et de pièces automobiles) fonctionnait à 94,8 % de sa capacité au premier trimestre de 2016, un taux record.

[7] D’après l’enquête de Statistique Canada sur les investissements privés et publics, les investissements dans le secteur du matériel de transport de l’Ontario baisseront abruptement en 2016, après la forte hausse de 2015. Ces investissements demeurent bien en dessous des niveaux atteints avant la récession de 2008-2009.